Le deuil en périnatalité



15 octobre 2020

En tant que parents qui attendent un bébé, un rêve est porté, celui de voir ce petit être prendre vie dans nos bras. Dès lors de l’annonce de la grossesse, des attentes, des appréhensions, de l’excitation et peut-être aussi des inquiétudes prennent place. Malheureusement, chaque jour, des parents voient ce rêve partir en un claquement de doigts lorsqu’ils apprennent la perte de leur bébé. Connaissez-vous un proche qui a vécu un deuil périnatal, ou peut-être est-ce vous-même qui avez passé au travers de ce deuil difficile? Cet événement tragique amène tellement d’incompréhensions, de stress, peut-être de la frustration et de la confusion. Que ce soit le deuil de votre propre enfant, ou celui d’un proche, il est normal de se sentir impuissant et désorganisé.

Le deuil périnatal fait référence à la perte définitive d’un enfant entre la grossesse, jusqu’à un an de vie du bébé. C’est l’un des deuils les plus difficiles à vivre, car ce n’est pas la nature des choses que de voir la vie s’arrêter alors qu’elle s’apprêtait à débuter. La société occidentale renforce le tabou sur la mort, l’occultant. Nous finissons par oublier qu’elle fait partie de la vie. Tout cela vient renforcer les sentiments d’incompréhensions ou d’anéantissements. Le deuil amène plusieurs manifestations au niveau émotionnel, mais aussi au niveau cognitif, comportemental et physique. Si vous vous reconnaissez, sachez qu’il est important d’accepter ces manifestations et de les vivre pleinement. Il est fréquent de ressentir des sensations d’oppression de la poitrine, des palpitations cardiaques, de la perte ou gain de l’appétit, une dysfonction sexuelle, de l’insomnie (…) Les sentiments d’anxiété, de peur, de culpabilité, de sensation de vide peuvent être vécus. Rappelez-vous que vous vivez de l’impuissance, quelque chose dont vous n’êtes pas en contrôle. Il est donc important d’accueillir les émotions, de les vivre et de ne pas en avoir honte ni de vouloir les nier.

Il peut sembler facile de dire que l’on doit vivre ses émotions pleinement. Cela peut être plus difficile dans le concret, ce qui est tout à fait normal. Vivre des émotions négatives pleinement peut être grugeant au niveau de l’énergie et de la motivation. C’est pourquoi l’importance d’être bien entouré et de ne pas vivre ces événements seuls redouble de priorité. En fait, l’émotion reflète un besoin qui n’a pas été comblé. Par exemple, la tristesse parle du besoin d’être réconforté par d’autres, et de vivre la perte. De joindre des groupes où vous êtes libre de partager et de vous sentir compris pleinement, ou simplement d’avoir des proches qui vous soutiennent peut changer la teinte de votre deuil.

Rappelons-nous que, non, ce n’est pas vrai que ce petit être que nous attendions impatiemment est complètement silencieux et disparu. Il vit encore, dans nos mémoires, nos souvenirs, notre cœur. Et ça, rien ni personne ne pourra vous l’enlever.

Aurélie Normandin
Stagiaire en technique de travail social

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